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29 juin 2018
Grands mystères et petits mystères - René Guénon
09 juin 2018
TIME AND ETERNITY - A. K. Coomaraswamy + annexes

Cadran solaire à Fez (Mosquée El Qaraouiyyine).
Dans cet ouvrage posthume, notre regretté collaborateur a repris et développé des considérations qu’il avait déjà exposées en partie dans divers articles, mais qu’il y a grand intérêt à trouver ainsi réunies et coordonnées en un ensemble suivi. Il s’est surtout attaché à montrer l’accord unanime des différentes doctrines traditionnelles sur la question des rapports du temps et de l’éternité, à l’aide de nombreuses références tirées, dans autant de chapitres successifs, des doctrines hindoue bouddhique, grecque, islamique et chrétienne ; tout cela est évidemment impossible à résumer, et nous devons nous contenter d’indiquer quelques-unes des principales idées qui s’en dégagent.
28 mai 2018
René Guénon : « La Métaphysique »
Nous devons déclarer tout d’abord que, quand nous employons le terme de « métaphysique » comme nous le faisons, peu nous importe son origine historique, qui est quelque peu douteuse, et qui serait purement fortuite s’il fallait admettre l’opinion, d’ailleurs assez peu vraisemblable à nos yeux, d’après laquelle il aurait servi tout d’abord à désigner simplement ce qui venait « après la physique » dans la collection des œuvres d’Aristote. Nous n’avons pas davantage à nous préoccuper des acceptions diverses et plus ou moins abusives que certains ont pu juger bon d’attribuer à ce mot à une époque ou à une autre ; ce ne sont point là des motifs suffisants pour nous le faire abandonner, car, tel qu’il est, il est trop bien approprié à ce qu’il doit normalement désigner, autant du moins que peut l’être un terme emprunté aux langues occidentales. En effet, son sens le plus naturel, même étymologiquement, est celui suivant lequel il désigne ce qui est « au delà de la physique », en entendant d’ailleurs ici par « physique », comme le faisaient toujours les anciens, l’ensemble de toutes les sciences de la nature, envisagé d’une façon tout à fait générale, et non pas simplement une de ces sciences en particulier, selon l’acception restreinte qui est propre aux modernes. C’est donc avec cette interprétation que nous prenons ce terme de métaphysique, et il doit être bien entendu une fois pour toutes que, si nous y tenons, c’est uniquement pour la raison que nous venons d’indiquer, et parce que nous estimons qu’il est toujours fâcheux d’avoir recours à des néologismes en dehors des cas de nécessité absolue.
19 mars 2018
De la sphère au cube - René Guénon
Après avoir donné quelques « illustrations » de ce que nous
avons désigné comme la « solidification » du monde, il nous reste encore à
parler de sa représentation dans le symbolisme géométrique, où elle peut être
figurée par un passage graduel de la sphère au cube ; et en effet, tout
d’abord, la sphère est proprement la forme primordiale, parce qu’elle est la
moins « spécifiée » de toutes, étant semblable à elle-même dans toutes les
directions, de sorte que, dans un mouvement de rotation quelconque autour de
son centre, toutes ses positions successives sont toujours rigoureusement
superposables les unes aux autres (1). C’est donc là, pourrait-on dire, la
forme la plus universelle de toutes, contenant en quelque façon toutes les
autres, qui en sortiront par des différenciations s’effectuant suivant
certaines directions particulières ; et c’est pourquoi cette forme sphérique
est, dans toutes les traditions, celle de l’« Œuf du Monde », c’est-à-dire de
ce qui représente l’ensemble « global », dans leur état premier et «
embryonnaire », de toutes les possibilités qui se développeront au cours d’un
cycle de manifestation (2). Il y a d’ailleurs lieu de remarquer que cet état
premier, en ce qui concerne notre monde, appartient proprement au domaine de la
manifestation subtile, en tant que celle-ci précède nécessairement la
manifestation grossière et en est comme le principe immédiat ; et c’est
pourquoi, en fait, la forme sphérique parfaite, ou la forme circulaire qui lui
correspond dans la géométrie plane (comme section de la sphère par un plan de
direction quelconque) ne se trouve jamais réalisée dans le monde corporel (3).
13 mars 2018
LA MÉTAPHYSIQUE ORIENTALE - René Guénon
LA MÉTAPHYSIQUE ORIENTALE
René Guénon
J’ai pris comme sujet de
cet exposé la métaphysique orientale ; peut-être aurait-il mieux valu dire
simplement la métaphysique sans épithète, car, en vérité, la métaphysique pure
étant par essence en dehors et au delà de toutes les formes et de toutes les
contingences, n’est ni orientale ni occidentale, elle est universelle. Ce sont
seulement les formes extérieures dont elle est revêtue pour les nécessités
d’une exposition, pour en exprimer ce qui est exprimable, ce sont ces formes
qui peuvent être soit orientales, soit occidentales ; mais, sous leur diversité,
c’est un fond identique qui se retrouve partout et toujours, partout du moins
où il y a de la métaphysique vraie, et cela pour la simple raison que la vérité
est une.
10 mars 2018
Caïn et Abel - René Guénon
La « solidification » du monde a encore, dans l’ordre humain
et social, d’autres conséquences dont nous n’avons pas parlé jusqu’ici : elle
engendre, à cet égard, un état de choses dans lequel tout est compté,
enregistré et réglementé, ce qui n’est d’ailleurs, au fond, qu’un autre genre
de « mécanisation » ; il n’est que trop facile de constater partout, à notre
époque, des faits symptomatiques tels que, par exemple, la manie des
recensements (qui du reste se relie directement à l’importance attribuée aux
statistiques) (1), et d’une façon générale, la multiplication incessante des
interventions administratives dans toutes les circonstances de la vie,
interventions qui doivent naturellement avoir pour effet d’assurer une
uniformité aussi complète que possible entre les individus, d’autant plus que
c’est en quelque sorte un « principe » de toute administration moderne de
traiter ces individus comme de simples unités numériques toutes semblables
entre elles, c’est-à-dire d’agir comme si, par hypothèse, l’uniformité « idéale
» était déjà réalisée, et de contraindre ainsi tous les hommes à s’ajuster, si
l’on peut dire, à une même mesure « moyenne ».
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