Chez les Indiens de
l’Amérique du Nord, et dans toutes les tribus sans exception, il existe, outre
les rites de divers genres qui ont un caractère collectif, la pratique d’une
adoration solitaire et silencieuse, qui est considérée comme la plus profonde et
celle qui est de l’ordre le plus élevé (1). Les rites collectifs, en effet, ont
toujours, à un degré ou à un autre, quelque chose de relativement extérieur ;
nous disons à un degré ou à un autre, parce que, à cet égard, il faut
naturellement, là comme dans toute autre tradition, faire une différence entre
les rites qu’on pourrait qualifier d’exotériques, c’est-à-dire ceux auxquels
tous participent indistinctement, et les rites initiatiques. Il est d’ailleurs
bien entendu que, loin d’exclure ces rites ou de s’y opposer d’une façon
quelconque, l’adoration dont il s’agit s’y superpose seulement comme étant en
quelque sorte d’un autre ordre ; et il y a même tout lieu de penser que pour
être vraiment efficace et produire des résultats effectifs, elle doit présupposer
l’initiation comme une condition nécessaire (2).
