En un temps opportun, un noble
chambellan survint apercevant les trente oiseaux, vieillis, déplumés et
abattus, dans un état affreux, pratiquement sans corps. « Ô oiseaux ! Que
voulez-vous et quel est votre nom ? ».
« Nous sommes ici, répondirent-ils, afin
de reconnaître le Simorg pour notre roi. L'amour que nous ressentons pour lui a
troublé notre raison. Nous en avons perdu l’esprit et la raison. Nous étions
alors des milliers, et voici que trente seulement d'entre nous sont arrivés
ici.
Comment ce roi pourrait-il dédaigner nos efforts et toute la peine que
nous avons éprouvée ? ».
Vous avez la tête troublée !
répondit le chambellan, vous qui vous êtes baignés dans le sang de votre cœur,
sachez que vous soyez ou que vous ne soyez pas, le roi n'en existe toujours pas
moins éternellement.
Des milliers de mondes pleins de créatures sont comme une
fourmi à la porte de ce palais. Retournez donc en arrière, car vous n’êtes
qu’une vile poignée de terre ! ».
Les oiseaux furent désespérés de ce discours
sévère mais ils prièrent néanmoins : « Ce grand roi nous rejettera-t-il
ignominieusement dans le chemin ? Et notre indignité, si elle a lieu, ne se
changea-t-elle pas en honneur ? ».


